Update du crédit immobilier pour non-résidents et expatriés au 17/06/2026

Après deux années de fortes tensions liées à la remontée des taux, le crédit immobilier en 2026 entre dans une phase de stabilisation, ponctuée d'une légère remontée récente. Les règles sont désormais bien installées, et les emprunteurs résidents comme non-résidents évoluent dans un cadre plus lisible, mais toujours exigeant.
Crédit immobilier en France : un cadre réglementaire durable
En 2026, le financement immobilier reste encadré par les règles du HCSF, confirmées en mars 2026 : taux d'endettement maximum de 35 % assurance incluse, durée limitée à 25 ans (27 ans dans le neuf avec différé), reste à vivre cohérent et analyse approfondie de la stabilité professionnelle. Les dérogations existent toujours mais restent limitées à une faible part de la production bancaire. En pratique, les dossiers solides sont privilégiés : CDI confirmé, gestion bancaire saine et apport personnel structuré.
Une remontée modérée des taux en 2026
La forte hausse observée entre 2022 et 2023, conséquence de la politique monétaire de la BCE, appartient désormais au passé. Après une stabilisation fin 2025, les taux repartent toutefois légèrement à la hausse depuis le printemps. En juin 2026, les moyennes constatées sont de 3,30 % sur 15 ans, 3,40 % à 3,47 % sur 20 ans et 3,44 % à 3,55 % sur 25 ans. Les profils premium peuvent négocier des conditions plus favorables, et les courtiers anticipent une stabilité jusqu'à la rentrée de septembre 2026.
Cette remontée crée un effet de ciseau avec le taux d'usure, calculé trimestriellement par la Banque de France sur une moyenne glissante du trimestre précédent : quand les taux de marché montent plus vite que ce plafond légal, certains dossiers se retrouvent bloqués. Pour y remédier, les banques cherchent à réduire d'autres composantes du coût global du crédit — frais de dossier, frais de courtage, assurance emprunteur — afin de rester sous le seuil de l'usure. Depuis la loi Lemoine, l'assurance emprunteur est ainsi devenue un levier stratégique d'optimisation à part entière.
Crédit immobilier pour non-résidents et expatriés : un marché stable mais sélectif
Les banques françaises continuent de financer les Français établis à l'étranger, les expatriés et les non-résidents fiscaux. Leur appétit pour ce segment reste globalement stable depuis début 2026 — la remontée des taux pourrait même inciter certains établissements à se montrer plus actifs sur ces profils. Le paysage bancaire évolue par ailleurs avec le rachat d'HSBC par le CCF, sans réduire l'offre disponible pour les non-résidents. Les conditions restent toutefois plus strictes que pour les résidents.
Durée et apport : exigences renforcées
La durée maximale accordée aux expatriés reste plafonnée à 20 ans, contre 25 ans pour les résidents. L'apport personnel est également plus élevé : 20 % à 30 % minimum, jusqu'à 40 % selon le pays de résidence et le profil — des financements plus favorables restant possibles au cas par cas. Par ailleurs, l'absence de domiciliation de salaire en France, fréquente chez les expatriés et non-résidents, reste un point de vigilance pour les banques, qui peuvent se montrer plus réticentes à financer ces profils en l'absence de cette garantie. L'objectif des banques est clair : compenser le risque perçu par une exposition plus faible.
Une analyse approfondie du risque pays
Les établissements financiers segmentent les dossiers selon la localisation géographique de l'emprunteur. Les pays africains restent globalement difficiles à financer. Le Moyen-Orient demeure une zone parfois compliquée dans le contexte géopolitique actuel, avec des répercussions qui se ressentent d'abord sur l'assurance emprunteur, et donc indirectement sur l'accès au crédit. Les pays présentant des risques de blanchiment ou de traçabilité financière restent exclus du financement.
Des taux légèrement majorés
En 2026, les non-résidents obtiennent généralement des taux supérieurs de +0,10 % à +0,40 % par rapport aux résidents. Un dossier premium peut bénéficier de conditions proches du marché domestique. À l'inverse, un profil complexe ou une situation géographique sensible entraînera une majoration plus significative.
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