Contexte géopolitique actuel : ce qui change pour le crédit et l'assurance prêt des expatriés et des non-résidents

Depuis 2022, la guerre en Ukraine pèse sur les prix de l'énergie en Europe. Les tensions israélo-palestiniennes rythment depuis des années l'actualité du Moyen-Orient sans jamais totalement disparaître. Depuis le 28 février 2026, un troisième front s'est ouvert dans cette même région du Golfe et du Moyen-Orient : les États-Unis et Israël sont entrés en conflit direct avec l'Iran. Après un cessez-le-feu de courte durée, les combats ont repris début juillet, avec des frappes américaines sur des cibles iraniennes et des représailles de Téhéran contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, selon France 24. La menace d'une fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite une grande partie du pétrole mondial, a immédiatement fait grimper les prix de l'énergie, avec un pic à 126 dollars le baril en tout début de conflit.
Des communautés françaises directement concernées
Selon le ministre des Affaires étrangères, plus de 400 000 Français vivaient ou étaient de passage dans le Golfe et au Moyen-Orient au moment des premières frappes contre l'Iran, entre expatriés installés durablement et touristes surpris par le conflit. Le Quai d'Orsay comptait notamment près de 63 700 Français aux Émirats arabes unis, environ 8 200 au Qatar et plus d'un millier à Bahreïn. En Israël, où les tensions sont d'une autre nature mais tout aussi présentes depuis plusieurs années, environ 100 000 Français sont inscrits au registre consulaire, un chiffre qui monte à 250 000 en comptant l'ensemble des binationaux, d'après une question parlementaire s'appuyant sur les données du ministère.
L'effet le plus large : des taux plus élevés pour tous
Depuis le printemps, l'inflation repart en zone euro, portée en bonne partie par la hausse des prix de l'énergie liée à ces tensions, avec un pic à 3,2 % en mai, son plus haut niveau depuis trois ans. Le 11 juin 2026, la BCE a relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis septembre 2023 : le taux de dépôt est passé de 2,00 % à 2,25 %, et le taux de refinancement principal à 2,40 %. Une deuxième hausse, à 2,50 % pour le taux de dépôt, est déjà anticipée par une partie des économistes pour septembre.
Cette hausse des taux directeurs se répercute aussi sur le coût auquel les banques se refinancent elles-mêmes sur les marchés pour financer les crédits qu'elles accordent. Quand ce coût augmente, il est répercuté sur les taux proposés aux emprunteurs, avec un effet encore plus visible sur des crédits de longue durée comme le
crédit immobilier.
Pour les résidents de zones en guerre, un effet supplémentaire
En période de tension, les capitaux se tournent généralement vers ce qui est perçu comme le plus sûr. Le crédit immobilier ne fait pas exception : les banques deviennent plus sélectives sur les dossiers venant de zones jugées instables. Pour l'expatrié résidant
en zone de conflit, le projet immobilier en France est alors souvent suspendu ou contraint. Ce n'est pas propre à un pays en particulier, mais un principe bancaire systématique. Il est aussi plus difficile de démontrer la traçabilité des fonds dans un pays en conflit, néanmoins les banques se soucient de cette question.
Concernant l’assurance emprunteur, la guerre modifie la perception du risque par les assureurs bien que le danger ne soit pas nécessairement plus élevé pour chaque assuré pris individuellement. En effet, l'assureur doit obligatoirement couvrir les risques décès et PTIA (perte totale et irréversible d'autonomie) et d’autres garanties optionnelles. Quand le risque augmente, les compagnies d’assurance deviennent plus prudentes et peuvent choisir d’appliquer des surprimes. Aujourd'hui, obtenir une assurance emprunteur pour un projet immobilier tout en résidant au Moyen-Orient est devenu concrètement plus difficile qu'il y a un an
Ce qu’il faut retenir
Les conflits en Ukraine, Iran et Palestine n’ont pas de lien direct entre eux mais ils produisent des effets similaires en dehors de leurs frontières : variation des taux, hausse du coût de l’énergie, instabilité des devises. Toutefois, il faut rester conscient que pour les Français directement installés dans ces zones, la réalité dépasse largement la question du crédit immobilier.
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